LA PAGE BLANCHE

L’auteur regardait sa page blanche avec bonheur.

C’était toujours un plaisir de savourer ce moment où tout est offert, ouvert, permis !

Œuvre futile, légère, réflexion sérieuse, énigme, amour, humour, histoire ou actualité ...l’excitation de ne pas encore choisir entre ces multiples possibles !

La page blanche lui fait penser à une plage déserte au petit matin : immaculée et sans histoires.

                                                 Sable

Plus tard, traces de pas, de ballons, de parasols, de bateaux, d’oiseaux  raconteront des tranches de vie …

Plus tard, aussi, la page blanche se couvrira de signes,

des paysages vont se dessiner, 

des personnages apparaître, diffus d’abord, puis aux caractères plus marqués.

Le rôle de l’auteur sera de les faire vivre, cohabiter,

se déchirer parfois ou  se réconcilier.

Il devra dérouler l’intrigue, dénouer les fils, défaire et réinventer, alternant entre l’ivresse démesurée et         

le désespoir le plus bleu.

Enfin, il écrira le mot « fin ».

Cette boucle là sera bouclée…

Et l’auteur n’aura de cesse que de retrouver une nouvelle page blanche, promesse de tant de nouvelles aventures…

« Choisir ce que j’écris sur ma page blanche, c’est l’aventure de ma propre vie ».

Conte de Zia Chiara

Claire Doutremepuich