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janvier 2007

LA FEE DE NOEL

C’était la nuit de Noël.

José, comptable de son état, alla se mettre au lit, après une soirée solitaire, amer de voir, qu’une fois de plus, personne n’avait pensé à lui.

C’est cette même nuit que, chaque année, la fée de Noël choisit un mortel, pour lui apporter sa lumière.

Elle prend José par la main, et il voit une scène de Noël : une dizaine de personnes sont en train de festoyer et de s’amuser.

Et il se voit, lui, José, souriant et détendu, en train de découper une dinde.

Comment est-ce possible ?

Mais oui, c’est toi, José, lui dit la fée.

Dans cette vie là, tu as choisi de tendre la main à ton frère, et tu t’occupes régulièrement de ta tante.

En dehors de ton travail, tu prends soin de la nature, et participe aux activités d’une association.

Tu y as découvert créativité, partage, engagement, et tu as gagné des amis, et même une compagne..

Ce soir de Noël, est, pour tous l’occasion de se retrouver et de passer un moment chaleureux, de se nourrir le corps et l’esprit d’énergie positive.

En le ramenant à son triste lit, la fée lui dit encore « Il ne tient qu’à toi de choisir la vie que je t’ai montrée.

Bon Noël, José ! »

« Nourrir mon corps et mon esprit contribue à améliorer ma vie »

Conte de Zia Chiara

Claire Doutremepuich 


Le Flocon de Neige

Le compte à rebours  avait commencé : « 10 », « 9 », « 8 », « 7 », « 6 », « 5 », « 4 », « 3 », « 2 », « 1 » « Sautez ! »

En même temps que des milliers d’autres, qui, comme lui, avaient été formés à cette mission, Flocon de neige sauta .

Il savait que, sur terre, on aimerait « le grand manteau blanc qui recouvre la campagne » et que les enfants joueraient à construire un « bonhomme de neige ».

Toit, pelouse, rue ou arbre, caméléon très adaptable aux formes les plus diverses, « la neige », comme ils            l’appellent, devient une entité, une sorte de collectivité indivisible.

« Ne suis-je vraiment qu’un atome indifférencié parmi tous mes compagnons ? », se demanda le flocon de neige, tout en s’amusant à tourbillonner dans sa descente, apprenant à se diriger à droite, à gauche, au gré de sa volonté.

Un regard autour de lui : gros ou maigres flocons, grands ou petits, de forme régulière ou très dessinée, denses ou aériens, très brillants ou blanc coton, chacun a une personnalité qui lui est propre !

Le flocon arrivait en vue de la terre : il aperçut un lac et décida de s’en  approcher ; près du lac, des arbres, de formes variées, sentiers, bancs, feuilles sèches tombées à terre, cailloux…

Chaque flocon amorçait l’atterrissage : le nôtre choisit de se poser sur une écaille rousse de  l’écorce d’un arbre, gracile et élégant, dont le reflet se retrouvait sur la surface de l’eau du lac. Et c’est tout fier qu’il s’y posa, pour mener sa propre vie de flocon...

Conte de Zia Chiara

Claire Doutremepuich


Le Casseur de Pierres

Sur l’île d’Hokkaido, Humi, casseur de pierres de son métier, était fort et en bonne santé, mais se plaignait jour et nuit de son sort. 

La nuit de Noël, un ange lui apparut :

- « Tu es en parfaite santé et tu as la vie devant toi, pourquoi ne cesses-tu de te plaindre ? »

- « Dieu me traite injustement en ne me permettant pas de m’élever au-dessus de ma condition », dit Humi

Le Seigneur, consulté, autorisa l’ange à accorder à Humi tout ce qu’il désire.

Ainsi Humi, selon ses souhaits, se retrouva successivement transformé en gentilhomme, propriétaire d’un palais somptueux et d’un vaste domaine ;

puis il devint le soleil, à ses yeux le vrai roi ;

le nuage, car celui-ci cachait la terre au soleil et lui semblait donc plus fort encore ;

comme un rocher restait impassible face à la tempête que déclenchait le nuage, il voulut ensuite devenir le rocher, plus fort que le nuage.

Un jour, il ressentit des douleurs terribles dans ses entrailles et, terrifié, il appela l’ange :

- « Ange, quelqu’un essaie de me tuer. Il est plus puissant que moi, je veux être lui ! »

- « Qu’il en soit ainsi ! » dit l’ange

Et c’est ainsi que Humi redevint casseur de pierres.

Conte de Zia Chiara

Claire Doutremepuich


La Graine et le Soleil

La graine attendait d’être plantée : elle avait hâte de grandir, se développer, et voir la lumière du soleil, dont on disait tellement que c’était une merveille.

Le jardinier la déposa doucement sur de la terre humide, mais la recouvrit d’un morceau de tuile cassée.

La graine crut qu’elle étouffait, et détesta ce que le jardinier lui avait fait.

Elle commença à grandir, à sentir pousser ses racines, et de petites branches et feuilles.

Dehors, il faisait froid, et elle apprit à utiliser la tuile pour se protéger, renforçant des racines, et aussi la dimension de ses   tiges.

Le Printemps venu, elle avait ainsi, en s’adaptant, profité de ce qui la  gênait au départ, pour devenir forte.

Elle déploya ses tiges à côté de la tuile, et sortit fièrement à la lumière du jour, ses racines y restant fermement attachées.

La fleur, qu’elle était devenue, était armée pour profiter pleinement du soleil, et de sa nouvelle vie.

Conte de Zia Chiara

Claire Doutremepuich       


Le Noël de Poussinet

C’était la nuit de Noël, la neige recouvrait la campagne, et dans la grange, chaque famille se préparait.

Dans le clapier, la famille lapin sortait les carottes tendres et leurs fanes. Dans l’enclos, la famille cochon avait des châtaignes et des truffes. Dans son coin la famille canard lavait la salade et coupait le pain, tandis qu’au poulailler, des graines composaient le menu.

C’est là que Poussinet se demanda pourquoi il n’y avait que des graines pour lui, sa maman et ses frères et sœurs.

Chaque famille s’apprêtait à commencer son repas, quand Poussinet eut une idée : « et si nous mettions tous sur une même table ce que nous avons, pour le partager et goûter à de nouvelles saveurs ? »

Sitôt dit, sitôt fait, et voilà Poussinet qui va frapper à chaque porte des habitants de la grange.

Chacun hésita, mais l’enthousiasme et la belle humeur de Poussinet, qui avait déplié une grande nappe et disposé dessus ses graines, tout en chantant les sapins et les étoiles était communicatif.

La famille cochon arriva en premier, suivie de la famille lapin, puis de la famille canard.

Chacun ajouta sa voix aux chants, des rires fusèrent, on goûta à tout… et chacun se dit, que grâce à Poussinet, quelque chose était né entre eux ce soir.

Conte de "Zia Chiara"

Claire Doutremepuich